Protection du Lamantin Ouest Africain

Le lamantin ouest africain est un mammifère aquatique vivant dans les écosystèmes de mangroves et fluviaux. Cet herbivore - une «espèce menacée» figurant sur la liste rouge de l'UICN - souffre beaucoup de l'activité humaine. Grâce à des projets communautaires, les politiques et réglementations nationales ainsi que les traités internationaux, nous espérons inverser la tendance vers la sauvegarde de ce nettoyeur naturel des fonds fluviaux.  

Le lamantin ouest africain (Trichechus senegalensis) mesure jusqu'à 3 mètres de longueur et peut peser jusqu'à 500 kilogrammes. Le lamantin est source de nombreux mythes et légendes et fait également l'objet de rituels. On le trouve dans la région allant du sud de la Mauritanie jusqu'en Angola au sud et vers l'Est du continent jusqu'au Tchad.

En fonction des saisons, le lamantin migre, entre les rivières et autres canaux d’eau pour se nourrir et se reproduire. Cette migration dépend des niveaux d'eau ainsi que de la salinité des eaux. Toutefois, le lamantin préfère les eaux calmes et froides (zones de moyen à bas niveau des rivières, les lacs, lagunes, les plaines inondables et les basses zones côtières).

Les lamantins mangent des tonnes de végétation aquatique par an. Ceci leur permet de jouer un rôle important de dragueur naturel de fonds fluviaux – améliorant ainsi la navigabilité sur les fleuves et les canaux. En outre, les matières fécales des lamantins sont des aliments pour les phytoplanctons, qui à leur tour constituent l’alimentation principale des poissons.

Problématique

Le lamantin ouest africain fait l’objet de chasse, sa voie migratoire est bloquée par des barrages et son habitat de mangrove est en voie de disparition. Les lamantins capturés, soit par des chasseurs, soit accidentellement dans les filets de pêche ou échoués dans des champs de riz, sont tués et vendus pour leur viande ; Leur graisse est utilisée dans la médecine et leur peau servent dans la fabrique de cordes.

La destruction des mangroves conduit à la disparition de son habitat et contribue à ces rencontres meurtrières avec les humains. Les lamantins sont aussi victimes des turbines hydroélectriques et des grilles de commande des barrages. Ces barrages et autres structures de régulation de rivières obstruent ses itinéraires de migration.

Ce que nous faisons

Wetlands International Afrique travaille depuis des années pour protéger le lamantin, en commençant par rassembler les gouvernements et les ONG pour le développement d’une stratégie de conservation du lamantin ouest-africain soutenu par la Convention d'Abidjan. Dans le cadre de la Convention sur les espèces migratrices (CMS), 15 pays ont signé le protocole d’accord pour renforcer les efforts de Wetlands International Afrique pour la protection de cette espèce vulnérable.

La conservation par la Communauté à la base

Nous travaillons avec les communautés locales pour arrêter la chasse et le massacre de lamantins ce, à travers la sensibilisation, la formation des anciens chasseurs dans le suivi et l'éco-tourisme, puis en fournissant des options alternatives de subsistance.

Politiques Nationales  

Depuis l'élaboration de la Stratégie de conservation du lamantin ouest-africain, nous avons travaillé avec six pays, (Sénégal, Gambie, Guinée-Bissau, Guinée et la Sierra Leone) à l’élaboration de politiques et réglementations nationales pour la préservation du lamantin. Il s'agit notamment de la mise en place des systèmes de surveillance, des pénalités pour la chasse et tuerie, et l’adaptation des infrastructures pour permettre le passage des lamantins.

Conventions Internationales

Wetlands International Afrique est à la tête du processus visant à améliorer le statut des lamantins Ouest africain au niveau de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages) et son inclusion dans la Convention pour les espèces migratrices (CMS).

Vidéo

Formation

Réalisations

  • Stratégie de conservation du lamantin ouest africain, soutenu par la Convention d'Abidjan
  • Protocole d’accord de la Convention sur les espèces migratrices (CMS), signé par 15 pays
  • L’arrêt de prise au piège des lamantins dans la région de Matam au Sénégal en supprimant les vannes du barrage en 2009, et en Sierra Leone, principalement à Fogbo et Gbundapi.
  • La société minière Rio Tinto a intégré l’itinéraire de migration des lamantins dans ses plans de développement d’un port minéralier à la frontière Guinée-Sierra Leone
  • Les lamantins ont été inclus dans les évaluations d'impact environnementales dans une variété des plans de développement économique de l'OMVS Sénégal (Organisation pour la mise en Valeur du fleuve Sénégal) à travers l'Afrique occidentale
  • Un programme de surveillance des lamantins a été mis en place, couvrant six pays ouest-africains, ce qui facilite la recherche et la conservation de cette espèce vulnérable
  • En Sierra Leone, la nouvelle Loi sur les pêches a considérablement accru la prise de conscience des populations sur la nécessité de protéger cette espèce et a inclus des sanctions pénales pour la chasse  des lamantins
  • La Guinée Conakry a son propre plan d'action national et de mise en œuvre pour la conservation du Lamantin
  • La Guinée Bissau a commencé son propre processus d’élaboration d’un plan d'action national
  • Le lamantin est incorporé dans le plan de gestion de la zone humide transfrontalière Sénégal-Gambie de Niumi-Saloum qui est d’une importance internationale

Livret éducatif

Stratégie